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La prochaine révolution industrielle : les mobilités (partie 1)

La société Uber, qui fait son entrée en bourse (vendredi 10 mai 2019) pour une valorisation de 82 milliards de dollars, est le symbole de la révolution en marche des mobilités au sens large.

En effet, nous avons parfois du mal à le concevoir ou à l’imaginer de manière globale et systémique, mais la manière dont les individus se déplaceront dans le futur sera probablement très différente de ce que nous connaissons aujourd’hui.

Chacun peut percevoir de manière diffuse des bribes de cette mutation, ses aspects les plus évidents. Mentionnons-en certains :

  • La révolution introduite par les outils d’aide à la conduite apparus ces dernières années: les GPS, et notamment les applications Waze, Google Map etc, qui offrent un confort inédit aux conducteurs ; les systèmes d’assistance à la conduite (cf. Mobileye par exemple), ou au stationnement ; ou encore, les projets de voiture autonome,
  • Les arbitrages de plus en plus fréquents entre prendre sa voiture (avec le risque d’amende ou de stationnement difficile) vs recourir à un Taxi ou à un VTC,
  • L’enjeu environnemental qui invite à plus de discernement quant à la nécessité de se servir de sa voiture, ou qui encourage de nouvelles formes de « mobilité » : co-voiturage, vélos en libre-service, trottinettes électriques, voitures électriques en libre-service …
  • La dissuasion mise en place par certaines municipalités : explosion des prix des amendes ou encore diminution des voies de circulation et des places de stationnement.

Mais tous ces éléments ne sont que les variables les plus visibles d’une « révolution industrielle » qui se prépare et qui modifiera profondément nos modes de déplacement. Dans une étude récente, McKinsey la compare à la révolution qui a accouché du « moteur à explosion » permettant de passer des modes de locomotion à cheval à la voiture. Et de préciser qu’il ne s’agit pas de récits de science-fiction pour un avenir lointain, mais à horizon 2030.

La mutation des voitures

Cette mutation s’opérera probablement autour de grandes directions : la croissance rapide des véhicules électriques d’une part, et la conduite intelligente (sans conducteur) d’autre part.

Première tendance : une explosion de la part des véhicules électriques dans les ventes de voitures globales

  • Amélioration de leur autonomie,
  • Démocratisation des véhicules électriques avec des modèles proposés également dans les entrées de gamme,
  • L’électrique deviendra également la règle pour les transports publics ainsi que pour les véhicules de livraison. Ce passage sera d’autant plus rapide que les gains seront incontestables tant d’un point de vue environnemental qu’économique (entretien, essence)

Les véhicules électriques devraient devenir majoritaires d’ici les 10 prochaines années

Deuxième tendance : l’arrivée à maturité des systèmes de conduite autonomes

  • L’objectif affiché par les grands équipementiers est d’atteindre un taux significatif d’équipement en système de conduite autonomes pour 2025,
  • Certains acteurs se sont déjà positionnés, comme Uber, Google / Waymo, Lyft ou Tesla qui envisagent de proposer des voitures (taxis, VTC) équipés de tels systèmes automatiques,
  • La part des voitures autonomes devrait croître encore davantage à l’approche des années 2030.

La diffusion des systèmes de conduite autonome conduira à repenser l’ergonomie des véhicules et leur équipement :

  • L’espace conducteur sera remplacé par un nouvel espace passager,
  • Les services fournis au sein du véhicule seront beaucoup plus riches afin d’optimiser les temps de trajet pour travailler ou…consommer,
  • Enfin, dès lors que le conducteur n’est plus le personnage clef de la voiture, c’est l’ensemble de l’ergonomie intérieure de la voiture qui est susceptible de changer.

Un écosystème qui va devoir repenser ses modèles économiques

Cette révolution de la voiture aura naturellement de grandes conséquences économiques et obligera les acteurs de cet éco-système à s’adapter rapidement :

  • Les équipementiers et constructeurs automobiles devront faire preuve de flexibilité et d’imagination pour exploiter au mieux les nouvelles possibilités qui leur sont offertes,
  • Les concessionnaires devront repenser leurs méthodes de vente, leur approche commerciale/leurs cibles de clients à l’aune de cette nouvelle donne,
  • Les assureurs devront concevoir de nouveaux produits d’assurance qui tiennent compte de ces nouvelles tendances : quid de l’évaluation du risque ? Produits d’assurance sur-mesure adaptés à des conduites occasionnelles (paiement en fonction de l’usage), ou adaptés à tous les services de “mobilité” disponibles,
  • Les auto-écoles vont également devoir rénover et adapter leur enseignement.

La transformation de la voiture telle que nous la connaissons aujourd’hui va non seulement modifier en profondeur l’industrie automobile mais elle va également avoir des conséquences beaucoup plus larges sur l’économie, l’urbanisme, ainsi que sur les modes de vie et de travail des individus.

Nous vous proposerons prochainement d’autres études sur ce sujet passionnant.

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